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Alphalink, Nerim et Sewan unissent leur voix pour réclamer un accès au marché de la fibre entreprise

vendredi 8 juillet 2016

Les opérateurs alternatifs craignent d’être exclus du marché de la fibre pour les entreprises. Une inquiétude nourrie par la consultation que l’Arcep (l’autorité de régulation des télécoms) a émise le 14 juin dernier en vue d’organiser ce marché naissant. Dans sa consultation, le régulateur fait le constat que seuls les deux opérateurs leaders, Orange et SFR, ont commencé à déployer des réseaux FTTH (fibre jusqu’au client).
Pour accélérer la transition des entreprises du cuivre vers la fibre, l’ARCEP préconnise de faire émerger un troisième opérateur FTTH et de créer un marché de gros à destination des opérateurs de proximité. Une proposition qui ne convient pas du tout à Alphalink, Nerim et Sewan, qui ont décidé de rédiger une lettre ouverte commune pour faire entendre leur voix et défendre une autre voie de régulation du marché.

Le noeud du problème se situe selon eux dans la nature de ce marché de gros. L’arcep semble privilégier un marché de gros dit non activé, c’est-à-dire portant sur des fibres non éclairées, tandis qu’eux pensent qu’il faudrait laisser émerger un marché de gros activé. Dans un cas, les opérateurs d’infrastructure donnent accès à leurs fourreaux mais pas aux équipements actifs de leurs noeuds de raccordement optique (NRO), ce qui oblige les alternatifs à y positionner leurs propres équipements actifs ou à déployer leurs propres NRO, tandis que dans l’autre cas les opérateurs d’infrastructure livrent leur trafic sur des points de collecte, comme cela se pratique actuellement sur le marché xDSL, à la satisfaction générale.

Dans ce dernier cas de figure, c’est beaucoup plus accessible pour les opérateurs alternatifs, qui s’épargnent ainsi des investissements se chiffrant en dizaines voire en centaines de millions d’euros et peuvent ainsi se concentrer sur leur plateforme de services. « Ces investissements sont hors de notre portée  », expliquent Alexandre Nicaise, Bernard Lemoine et David Brette, respectivement président d’Alphalink, président de Nerim et directeur général de Sewan. « Nous n’avons pas la couverture commerciale et la taille pour déployer notre propre réseau de NRO  », entonnent-ils en coeur. Et de citer l’exemple de Free qui a dû déployer pas moins de 240 NRO, rien que pour couvrir la région parisienne (soit au bas mot des dizaines de millions d’euros d’investissements). Ils rappellent opportunément qu’Orange et SFR peuvent s’appuyer sur leurs millions de clients grand public, beaucoup moins onéreux et complexes à acquérir que les entreprises, pour rentabiliser leur réseau, alors qu’eux-même n’adressent pas du tout le marché domestique.